J’ai ouvert ce livre la curiosité du fait divers, et l’appréhension du récit de mes pires cauchemards.

Car il faut bien l’avouer, laisser ses enfants chaque matin à quelqu’un d’autre que soi fait parfois résonner les sacro-saintes cloches de la culpabilité : et s’il arrivait quelque chose ? et si cette personne lui faisait du mal?

On toutes eu ce genre de pensées moroses sur le chemin du travail, pas très en forme.

Et on note au passage que curieusement, on n’a pas du tout ce genre de pensées avec la maîtresse d’école, par exemple….ah! fichu complexe maternel! Décidément, on se la reproche beaucoup trop, cette garde d’enfant.

Et là évidemment, une nounou qui tue les enfants qu’elle garde, c’est le pompom !

L’auteur joue donc avec les ressort émotionnels de nos craintes et de nos complexes de mères actives avec un talent littéraire certain, même si je l’ai trouvé parfois un peu facilement appuyée sur ce mode culpabilisant!

En réalité, l’intérêt du livre réside dans la description de la misère affective et morale de Louise,  la nounou : car c’est toute cette solitude et ce désespoir de femme sans amour et sans repère qui la conduisent lentement vers la folie.

Humiliée par son mari, haie par sa fille, criblée de dettes, et bientôt sans logis, son emploi de nounou devient la seule chose qui la définit encore et qu’elle ne peut accepter de perdre.

Le livre refermé, on reste sur une impression d’inachevé car la folie ne s’explique pas, et l’on se plait à réfléchir à tous les signaux oranges puis rouges que le couple de parents laisse passer tandis que la nounou dévisse lentement de la normalité.

  • Les dettes de la nounou, dont le couple ne veut pas entendre parler, sans pour autant s’alerter de la précarité de son employée.
  • La frontière fluctuante entre la relation de confiance professionnelle et de proximité simulée : un jour copain, un jour patron…
  • L’invasion progressive de la nounou dans tous les domaines de la maison : la fée du logis qui devient la maitresse des lieux.
  • L’abus des patrons dans les horaires sous des excuses bonhommes : « Cela lui fait tellement plaisir de garder les enfants, le week-end aussi ! »
  • Les détails que l’on refuse de voir : les placards qui se vident, la baignoire utilisée…

 

Bref, si il y a bien une chose à retenir de cette chanson douce, par ailleurs formidablement écrite, c’est que si l’on ne peut rien contre le désespoir, on peut essayer de rester vigilant et dans une relation parfaitement professionnelle avec sa nounou : certes cela ne protège pas de tout mais cela instaure des limites claires pour elle comme pour vous… à méditer !

Pour ceux et celles qui souhaitent approfondir le sujet de la garde d’enfant:

Si les sujets d’organisation à la maison et au travail vous inspirent pour construire l’équilibre pro et perso qui vous convient, n’oubliez pas de nous suivre sur Facebook ou de vous inscrire à la newsletter On se Coorganiz! pour recevoir les deux articles d’organisation de la semaine, le samedi matin…..à lire au chaud sous la couette!

En équipe, en famille, entre amis, organisez-vous ensemble facilement !
Téléchargez Coorganiz et commencez à vous co-organiser.